MACHU Jules

 

Date de naissance 8 mai 1884
Lieu de naissance Enquin-les-Mines (PAS-DE-CALAIS)
Date de décès 21 mai 1944
Lieu du décès Hagen (ALLEMAGNE)

 

Cause du décès crise cardiaque
Mention Mort pour la France le 15 novembre 1948

Mort en déportation le 11 août 1995

(transcription sur acte de décès)

Jules Joseph Théophile Machu est né à Enquin-les-Mines le 8 mai 1884. Il était le fils d’Edouard Louis Machu et d’Octavie Coeugniet et l’époux de Blanche Fidéline Céline Marie Dupont.

Nous ignorons quelles étaient réellement ces activités dans la résistance. D’après nos renseignements, il aurait reçu une condamnation par un tribunal militaire allemand et incarcéré à la prison Saint-Gilles de Bruxelles le 3 mai 1944. On retrouve sa trace sur le site de la Fondation pour la Mémoire de la Résistance. 

Vue aérienne de la prison Saint-Gilles.

Durant la seconde guerre mondiale, de nombreux prisonniers étaient envoyés dans des prisons Belges, la région Nord-Pas-de-Calais étant rattaché à la Kommandantur de Bruxelles. On en compte deux principales, une à Louvain et une autre à Audenarde. Ces prisons étaient essentiellement pour les prisonniers condamnés à des peines de mort ou à de longues années d’enfermement. Il y avait également un établissement pénitentiaire à Merksplas pour les jeunes. Mais ces prisons disposaient de 27 prisons secondaires, souvent pour les prisonniers condamnés à de courtes peines, il y en avait deux à Bruxelles. La prison de Bruxelles, de 1940 à 1945 était donc une prison secondaire en Belgique mais de nombreux Français du Nord de la France y ont transité avant d’être déportés dans des camps en Allemagne.

La prison Saint-Gilles est donc considérée comme le lieu principal de départ vers le Reich des personnes déportées de la zone rattachée (Nord-Pas-De-Calais), en particulier celles condamnées par un tribunal militaire et celles soumises à la procédure “Nacht und Nebel”, mise en place en 1941. Les résistants les plus dangereux devaient être arrêtés et disparaître sans laisser de traces.

Jules Machu n’a pas dû être incarcéré très longtemps puisqu’il serait décédé le 21 mai 1944 à Hagen en Westphalie.   

Jules Machu, a été déporté à Hagen où de nombreux prisonniers ont été soumis au travail forcé notamment dans de nombreuses usines d’armements. Klöckner-Werke, par exemple, était une des nombreuses entreprises d’armements qui utilisait la main d’oeuvre des camps existant dans la ville (stalag…). Le travail effectué était la construction de chars, des armes V (Vergeltungswaffe: arme de représailles) mais aussi la production de batteries dans les usines AFA notamment pour les sous-marins, mais aussi des torpilles et autres armes. Cela nécessitait donc la mobilisation de nombreuses personnes, c’est pour cela que de nombreux prisonniers ont été réquisitionnés, y compris des résistants français.

Il est possible que Jules Machu était envoyé dans un de ces camps. Néanmoins, son acte de décès établi en Allemagne (dont le centre des archives nous a fait une copie), indique qu’il serait mort le 21 mai 1944 Blücherstraße 41 à Hagen d’une crise cardiaque.

Nous ne disposons que de suppositions concernant la mort de Jules Machu. Le terme “crise cardiaque” pourrait cacher la violence, la maltraitance des nazis sur les prisonniers. L’adresse mentionnée correspond à l’époque à un tribunal. Il est possible que Jules Machu y ait été conduit pour être soumis à un interrogatoire auquel il aurait succombé à cause de la violence exercée ou tout simplement à cause du stress, de la peur due à l’appréhension de la confrontation. Cela peut également être envisagé car Jules Machu était déjà âgé 60 ans.

Certes, cela ne reste que des hypothèses mais qui restent envisageables d’après les renseignements et recherches que nous avons effectués et les contacts que nous avons établis avec l’Allemagne.

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