La résistance débute véritablement au moment où le maréchal Pétain annonce la fin des combats le 17 juin 1940 et où, le lendemain, le général de Gaulle, lance un appel de Londres pour inciter les Français à entrer en résistance. Ce premier appel du général ne sera pas trop entendu sur la métropole, c’est pourquoi il fut réitéré plusieurs fois les jours qui ont suivis.

Dans la région Nord-Pas-de-Calais, les premiers actes de résistance débutèrent avant que les combats de l’invasion se terminent. Ces actes sont autant de réflexes que la population va retrouver après avoir subi une première occupation allemande pendant la première Guerre Mondiale. Le statut accordé à la région le 22 juin 1940 lors de la signature de la défaite française à Rethondes renforce la volonté de la population de s’engager. En effet, déclarée « zone interdite », le Nord-Pas-de-Calais, rattaché à la Kommandantur de Bruxelles, est séparé du reste de la France par une ligne de démarcation et a subi, plus durement qu’ailleurs, le poids de l’occupation.

Les premiers qui s’engagent sont souvent d’anciens combattants, en particulier, des soldats ayant combattu pendant la première Guerre Mondiale, puis des jeunes hommes mais aussi des jeunes femmes issus de toutes les catégories sociales.

Il existe plusieurs façons de s’engager. Les premiers actes de résistance vont être de cacher les pilotes britanniques et alliés dont les avions se sont écrasés dans la région. L’anglophilie est un sentiment général dans la région. Néanmoins, la région Nord-Pas-de-Calais, tout en étant la plus proche du Royaume-Uni géographiquement, est devenue, par l’occupation et l’isolement imposé par les Allemands, la région la plus éloignée. Il est impossible de faire passer un pilote anglais par la Manche pour retourner chez lui.

Hormis l’organisation de lignes d’évasions, d’autres mouvements s’occupent de faire du renseignement ou d’organiser des sabotages.

Ainsi, dans le courant de l’année 1940, les organisations de résistants s’étoffent, se professionnalisent. En 1941, le stade artisanal est dépassé, les nombreux groupes inexpérimentés sont disloqués, dévastés par des vagues d’arrestation de l’Abwehr III, les services secrets allemands.

Les groupes qui apparaissent alors se recentrais autour de grandes formations à caractère national. C’est en 1942 que, de Gaulle, de Londres, souhaite mettre en relation les différents réseaux de résistances.

En 1943, Jean Moulin est envoyé sur le territoire français pour tenter d’organiser une collaboration entre les réseaux. Il crée également, avec quelques résistants, le Conseil National de la Résistance (CNR) qui reprend à son compte les valeurs bafouées de la République française, remplacée par l’Etat français de Pétain.

Dans la région, comme dans le reste de la France, il est difficile de chiffrer le nombre de résistants, car leurs actes sont, par essence, clandestins. Une grande opacité est entretenue par prudence si bien que certains résistants ne découvrent qu’après la guerre la nature exacte de l’organisation à laquelle ils appartenaient.

L’engagement prend différentes formes sur le terrain. Il peut s’agir d’actes de bravoure complètement isolés ou d’associations plus structurées organisées en réseaux, considérés comme « la force opérationnelle de la résistance » (Yves Le Maner) dont l’existence dépend des Britanniques, ou en mouvements. Les mouvements s’occupent de lutter contre l’occupant et contre Vichy de différentes manières. Il s’agit également « d’influencer l’opinion publique et d’impliquer moralement la population dans son combat » (Yves Le Maner) en distribuant des tracts ou des journaux résistants tels que La Voix du Nord.

Il n’est pas rare qu’un même résistant appartienne simultanément ou successivement à un ou plusieurs réseaux ou mouvements.

 

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