Le réseau Sylvester-Farmer W.O.

Le réseau a été fondé en 1942 à l’initiative du Capitaine Michaël Trotobas (dit le Capitaine Michel). Il appartenait au SOE (Special Operations Executive : direction des opérations spéciales) qui fut un service secret britannique (1940-1946) ayant pour mission de soutenir les divers mouvements de résistance en Europe et souhaité par Winston Churchill afin de préparer des équipes aptes à perturber l’occupant nazi. Il aurait même déclaré, dès le 16 juillet 1940, “Now set Europe ablaze”/”Mettez maintenant l’Europe à feu et à sang”.

C’est donc cette organisation britannique qui encadre les réseaux de résistance d’action français. Ils sont composés uniquement de volontaires soumis à une forte sélection et un entraînement très poussé.

Par erreur, il fut associé au nom du réseau les initiales « W.O » correspondent au War Office (département de la guerre anglais) alors que le SOE n’en dépendait pas.

C’est sous les ordres du colonel Buckmaster qui dirige la section française que plus d’une centaine de réseaux en France fut créée en septembre 1942. Dans le Nord de la France, le réseau S.O.E prend le nom de Sylvester Farmer.

Depuis mai 1942, les parachutages d’officiers de renseignement britannique se multiplient. C’est ainsi que dans la nuit du 17 au 18 novembre 1942, le major canadien Guy Bierler (nom de code :Guy Blanc), le capitaine Michaël Trotobas (Joseph Rampal) et l’opérateur-radio Arthur Staggs (Alber Foulon), arriveront à Beaune pour ensuite implanter le réseau Sylvester Farmer à Lille.

Le capitaine Michel recrute ses 1er agents parmi les cheminots et dans les G.M.R. , pour éviter les contrôles allemand le courrier est transporté dans les voitures du G.M.R.

C’est en février 1943 que les premiers groupes du Pas-De-Calais se forment par Arthur Malfait  et Henri Dewispelare à Arras, puis pars un gendarme en    provenance de Béthune Cyrille Desmarchelier et Abel Caraux pour celui de Saint-Omer. Le réseau Sylvester Farmer (ou W.O) comptera 800 membres répartis de la frontière belge à la Somme et à l’Aisne.

Fondateur du réseau, le Capitaine Michel alias Michael Trotobas est né en 1914 à Brighton (en Angleterre) de père français et de mère irlandaise. Il vécut en Irlande, en France et en Angleterre. Il s’engage dans le corps expéditionnaire britannique quand l’Angleterre entre en guerre face à l’Allemagne. Il combattra en France en 1940 et il se retrouvera replié sur Dunkerque, et évacué avec les 200.000 soldats Anglais et quelque 130.000 soldats Français embarqués pour l’Angleterre sous les bombardements allemands.

Nommé en janvier 1941 sous-lieutenant au British Expeditionary Forces (BEF), Michael Trotobas se porte volontaire pour devenir agent du SOE (Special Operations Executive), organisme anglais créé à l’été 1940 pour constituer des réseaux clandestins de sabotage dans les pays européens occupés par l’Allemagne, et organisé en plusieurs sections.

Il sera une première fois parachuté en France en octobre 1941, mais il sera fait prisonnier en Dordogne. Après s’être échappé en passant par l’Espagne, il rejoint l’Angleterre pour une nouvelle mission.

Il est, une nouvelle fois, parachuté en fin novembre 1942 cette fois-ci, avec pour mission d’organiser un réseau dans le nord de la France : le Réseau Sylvestre-Farmer du nom de code de son chef, le capitaine Michel..

Les arrestations au sein du réseau se multiplient au cours de l’été 1943, le plus souvent à la suite de dénonciations ou de trahisons. Lui-même, dénoncé par un ancien agent de « Sylvestre-farmer », « Olivier », il est arrêté à son domicile le 28 novembre au matin. Il est tué, ainsi que sa compagne, Denise Gilman. Le réseau est ainsi démantelé. Désorganisé, il renaît début 1944.

Le chat du capitaine Michel appelé 8.0.8 (nom d’un explosif utilisé pour les sabotage) deviendra le symbole du réseau.

A l’approche des combats de la libération, les membres du réseau devaient porter le brassard “officiel” provenant de la région de Maubeuge (dans le Nord)

Ce brassard devait comporter une croix de Lorraine entouré de 2 bandes tricolores et le tampon de l’organisation. Le tampon « FFI » pouvait également être présent.

Chaque nouveau membre devait prononcer le serment suivant :

« Je jure de ne jamais révéler à quiconque les noms des membres de notre organisation et d’ensevelir en moi-même tous les renseignements qui pourraient parvenir à ma connaissance.

Je jure de me tenir jour et nuit à la disposition des armées alliées.

Je jure d’obéir fidèlement et en toutes circonstances aux chefs que j’ai librement acceptés.

Le tout sous peine de mort pour trahison.

Ainsi m’aide Dieu!”

Le réseau W.O est un réseau d’action composé d’officier spécialistes du sabotage. Il avait pour mission de désorienter l’occupant allemand et de préparer la libération de la France.

Il a donc permis : sabotages, renseignements, filière d’évasion,… Mais ses fonctions principales sont les opérations de sabotages de voies ferrées, écluses, pylônes électriques… et de déraillements de trains.

L’action la plus connue de ce réseau est un sabotage appelé “Le coup de mains de Fives” où le capitaine Michel déguisé en policier et plusieurs autres membres ont saboté une usine fabriquant des locomotives à Fives (dans le Nord) le 27 juin 1943.

Le secteur d’action du réseau a été divisé en 7 régions :

  1.  région sud de Lille.
  2. secteur Baisieux-Orchies-Valenciennes.
  3. secteur Roubaix-Tourcoing et nord de Lille.
  4. Lille et secteur région-ouest de Lille.
  5.  secteur Béthune, Bruay, Lillers.
  6.  secteur Aire-sur la Lys, Saint Omer, Calais.

Cette division a été décidé fin janvier 1944 par Mr Pierre Séailles. A la tête de chaque région est nommé un responsable dont les ordres sont d’agir uniquement dans la région qu’il lui est désigné.

Début 1944, après la disparition du capitaine Michel, les Anglais demandent aux responsables du réseau d’intensifier le recrutement de nouveaux membres pour augmenter les effectifs et préparer les combats de libération après les débarquements de Normandie et de Provence.

Chaque nouveau membre reçoit un jeton portant sur une face l’emblème du réseau et sur l’autre face le matricule de l’homme, le numéro de région et la signature de Pierre Sailles, nouveau chef du réseau.

Ce jeton permet d’identifier un membre du réseau et de se reconnaître entre membres.

Malheureusement, l’arrestation d’un des membres en possession de ce jeton va retenir l’attention des Allemands qui en fabriqueront pour s’infiltrer dans le réseau. Les membres percent donc un oeil du chat avec une épingle pour différencier les vrais des faux. Quand les Allemands comprennent la signification de ce jeton, ils l’interdisent en fin juin 1944. Il servira surtout comme « carte d’identité » au moment de la libération.

En 1945, à la libération, 50 membres avaient été abattus par les Allemands, 10 fusillés et 200 « tués au combat ».

A la libération, le bilan du réseau implique  de nombreuses coupures de voies SNCF, sabotages d’équipements électriques, sabotage de nombreux canaux et écluses, sabotages de diverses usines, actions de renseignements, aide de militaires (pilotes alliés, prisonniers, …), exécutions d’agents à la solde de l’armée allemande, …

A la libération le réseau comptera 8000 membres dans tout le Nord-Pas-de-Calais, et 325 morts.

Publicités

Le camp de Sachsenhausen

200 000 personnes sont passées par le camp de Sachsenhausen. Il a été construit en 1936 et fut le premier complexe dessiné par un architecte SS et conçu comme l’archétype du camp de concentration idéal – avec sa forme triangulaire devant permettre un contrôle total sur les détenus-. Il fut notamment responsable des directives concernant le travail forcé, les punitions et les expérimentations médicales. Dans ce camp, on y fabriquait des chaussures et on y travaillait la recherche technique automobile. Le 22 avril 1945, un détachement de la 47ème armée soviétique libéra Sachsenhausen. Les soldats russes trouvèrent dans le camp 3.000 prisonniers, dont 1400 femmes. Ils étaient presque tous mourants, malades ou complètement affaiblis.

Le chef du camp, Kaindl prononça “Jusqu’au milieu de 1943, on exécutait les gens en les abattant ou en les pendant. Pour l’exécution en masse des prisonniers de guerre russes, on avait aménagé une pièce spéciale en cabinet médical. Dans cette chambre se trouvait un appareil pour mesurer la taille d’un homme et une table pour examiner l’acuité visuelle. Il y avait également des SS habillés en médecins avec des blouses blanches. En mesurant soit-disant la taille du prisonnier, celui-ci était abattu d’une balle dans la nuque, tirée à travers une ouverture pratiquée dans l’appareil de mesure. Dans la chambre se trouvant derrière cet appareil, on jouait des disques afin de couvrir le bruit des coups de feu.” C’est ainsi qu’ “au total, 42.000 personnes ont été exterminées sous ma responsabilité, dont 18.000 directement à l’intérieur du camp même.”

Camps et sous-camps de Sachsenhausen, memoiresdesdeportations.org.

Le camp de Buchenwald

Le camp de concentration nazi de Buchenwald se situait en Allemagne. Les premiers détenus allemands arrivent dans le camp le 17 juillet 1937. De 1937 à 1945, 238 980 détenus ont été immatriculés à Buchenwald. Le nombre officiel des morts dûment enregistré est de 56.545.

En janvier, février et mars 1945, le nombre de morts a considérablement augmenté. En effet, les derniers déportés arrivés au camp, c’est-à-dire ceux qui sont arrivés fin 1944 et début 1945 vivaient dans d’abominables conditions

Le nombre des déportés français devient significatif à la fin de 1943 et se consolida en 1944. La proportion de résistants expérimentés et politiquement mieux armés, du fait de l’action du général de Gaulle et de la création du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) sous l’autorité de Jean Moulin, avait augmenté rapidement. Dès 1943, des dirigeants nationaux de la Résistance arrivent à Buchenwald. Parmi eux, le colonel Manhès qui avait été jusqu’à son arrestation le dirigeant de la Résistance pour la zone occupée aux côtés de Jean Moulin. Il y avait aussi -entre autres- Christian Pineau (arrêté sous le faux nom de Grimaud) qui avait rencontré à Londres, à plusieurs reprises, le général de Gaulle et qui avait fourni à Jean Moulin le texte qui servit de base à la charte du Conseil national de la Résistance. Il y eut, dans la dernière période, un autre membre éminent du C.N.R., Claude Bourdet, dirigeant national de Combat, collaborateur direct de Jean Moulin. Avec les convois du début de 1944 arrivèrent par milliers des résistants qui avaient connu en France les prisons de Vichy pendant des années souvent et avaient combattu les armes à la main dans divers mouvements, notamment les FTPF (Francs-Tireurs et Partisans Français), bras armé du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France, créé en mai 1941, l’organisation la plus nombreuse et l’une des plus combatives. Il existait dans à Buchenwald une résistance française qui a empêché la réalisation d’une chambre à gaz au camp. Les membres de la résistance clandestine, ceux qui organisaient la solidarité sur une grande échelle, ceux que leurs fonctions conduisent à assurer des liaisons dangereuses, à saboter, à préparer concrètement une insurrection étaient en permanence menacés de la torture et de la mort. Dans un temps très court, à peu près un an et demi, la moitié des déportés français sont morts au camp et dans ses Kommandos extérieurs, ou au cours des marches de la mort finales, lors de l’évacuation partielle de Buchenwald.

Carte des camps annexes et des kommandos de travail forcé de Buchenwald, memoiresdesdeportations.org.

Le camp de concentration de Flossenbürg

Flossenbürg est un camp oublié car aucun transport direct n’est organisé au départ de France vers ce camp. Le premier occupant fut un Allemand immatriculé 1 le 3 mai 1938. Ce camp peut contenir 15000 hommes à la fin de son expansion.

Le travail imposé tourne autour de deux grands axes: l’industrie de l’armement, plus particulièrement l’aéronautique et d’autre part les travaux du sol dans les carrières de granit, le forage de tunnels et d’usines souterraines.

On estime à 5 344, dont 965 femmes, le nombre de Français passés par ce camp avant avril 1945. Parmi les 4 475 hommes recensés comme étant passés par ce KL ou ses Kommandos, au moins 2 400 sont décédés, soit 53 %. La grande majorité des détenus provient de convois arrivés des KL Buchenwald et Dachau, transports qui représentent à eux seuls 60 % des entrées. La majorité des autres sont des détenus partis de France occupée (en particulier du Nord-Pas-de-Calais).

Le 20 avril 1945, alors que les troupes alliées approchent, le camp est évacué en quatre colonnes qui comprennent au total 14 800 détenus, dont l’une atteint Dachau. Lors de marches forcées d’environ 80 km, 7 000 périssent alors que les survivants sont libérés le 23 avril 1945 sur la route de Cham par une colonne blindée américaine, tandis qu’une autre libérait le camp lui-même le même jour.

Carte du camp de concentration de Flossenbürg et de ses différents kommandos, memoiresdesdeportations.org.

 Hradischko fait partie du camp de Flossenburg, 40km au sud de Prague.

En novembre 1941, le “lieu de formation SS ” ouvre dans les alentour de Beneschau. L’année suivante une grande expansion permettra au camp d’accueillir 17600 personnes de 62 origines différentes.

Dossier DUCROUX Marcel

Nous ne disposons que de son acte de décès et du dossier constitué par sa famille en vue de l’obtention du statut de « déporté-résistant ». Ce dossier nous a été transmis par le Service historique de la Défense de Caen. Il porte la cote AC 21 P 175812.

Acte de décès de Marcel Ducroux, archives municipales de la ville d’Aire-sur-la-Lys.