Le camp de Neuengamme

Neuengamme était un camp de concentration allemand, fondé en 1938 et situé au Sud-Est de Hambourg. Créé par le commandement SS du Reich, sous-camp du camp de concentration de Sachsenhausen, le camp devient un camp autonome à partir de 1940. Il ne cesse de s’agrandir, de plus en plus de détenus sont amenés par les convois, de nombreuses constructions ont été faites jusqu’en 1945 (de grands bâtiments pour les gardes SS, plus de baraquement pour les détenus, une briqueterie…). On compte environ 87 000 déportés hommes, 13 600 femmes dont 42 900 y ont trouvé la mort. Les prisonniers ne pouvaient rester en bonne santé en raison de la nourriture insuffisante, des conditions d’hébergement, d’hygiène. Ils devaient effectuer des travaux forcés sur la construction du camp, dans une briqueterie mitoyenne, dans les usines d’armement. Ils devaient nettoyer les villes bombardées comme Hambourg et Brême afin de retirer les décombres, ramasser les munitions non explosées… Les conditions de vie et de travail étaient inhumaines et dures, beaucoup de personnes y sont mortes de fatigue, de maladies dues à de mauvais traitements. En plus de tout cela, les prisonniers subissaient des punitions arbitraires ou non de la part des SS, qui avaient le droit de vie ou de mort sur les prisonniers du camp. Cela correspondait à la devise “épuisement par le travail”. Les déportés étaient au départ de nationalité allemande, des résistants, des juifs… puis ce furent ensuite des prisonniers des territoires occupés par les Allemands qui ont constitué la majorité des personnes incarcérées. Ils furent de toutes nationalités, des Russes, des Français, des Polonais… on compte pas moins de 20 nationalités différentes. Au départ, la crémation des corps des prisonniers morts se faisait sous l’autorité de Hambourg. Puis, en 1942, le camp eut son crématorium, les SS commencèrent donc dès l’arrivée des convois à trier les nouveaux arrivant incapables de travailler. Des médecins ont assassiné des détenus, ils leurs faisaient subir des expériences atroces comme par exemple injecter des maladies afin de trouver de nouveaux traitements (la rougeole, la tuberculose…) pour lutter contre certaines maladies. Ils prirent également des enfants juifs pour tester des traitements contre la tuberculose. En 1942, la demande abondante de prisonniers, de main d’oeuvre dans les usines et dans le camp donna naissance à 80 sous-camps.

Dès le 6 avril 1945, les SS du camp de Neuengamme commencèrent à faire évacuer le camp voyant la progression des forces alliées arriver. 4 000 prisonniers furent envoyés vers d’autres camps comme Bergen-Belsen mais surtout dans les 4 navires bombardés par la Royal Air Force Britannique. Le 2 mai 1945, les soldats britanniques entrent dans le camp qui est vide, quelques heures seulement après le départ des derniers déportés restant. Les SS du camp s’étaient arrangés pour laisser le moins de traces possibles, les baraquements furent nettoyés…  Beaucoup d’images de camps de concentrations ont permis de montrer les horreurs, les atrocités commises sur les prisonniers. Mais aucune trace en ce qui concerne le camp de Neuengamme, les forces alliées étant arrivées quelques heures après le départ des derniers déportés. Ils trouvèrent un camp vide et propre masquant ainsi les horreurs commises.

Carte des kommandos dépendant du camp de Neuengamme, memoiresdesdeportations.org.

Meppen-Versen, sous camp de Neuengamme a vu le jour en novembre 1944, celui-ci comportait 2 500 prisonniers de guerre qui furent employés par l’entreprise “Hochtief” pour le commissaire de la défense du Reich, afin de construire une ligne de défense dénommée “Friesenwall” dont le but était de protéger l’ensemble de la zone côtière allant des Pays-Bas à la frontière danoise et ainsi éviter l’atterrissage des alliés. Mais la construction de ces fortifications n’étaient pas nécessaires puisque la mer de Wadden empêchait toutes possibilitées d’atterrissage. En 1945, selon un médecin de garnison SS du camp de Neuengamme, 1773 hommes étaient encore détenus à Versen. Le camp fut évacué par les SS le 25 mars 1945, les détenus qui étaient en “état de marcher” accompagnés des détenus du camp de Meppen-Dalum marchèrent vers Brême en passant par Cloppenburg. De là, de nombreux prisonniers furent envoyés au camp de Neuengamme. Les détenus malades furent envoyés par le chemin de fer à Brême. On compte pas moins de 50 détenus ayant trouvé la mort au cours de cette marche.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s